“Taguer” la culture ! L’expérience des Marchés de Trajan

Au mois de mars 2009, nous avons organisé une chasse au trésor “didactique” basée sur des tags bidimensionnels à travers l’initiative “TagMyMuseum” réalisée par la Fondation IBM et par le Musée des Forums impériaux de Rome. En découvrant au fur et à mesure les différents tags et en les photographiant avec leur téléphone portable, les visiteurs recevaient à chaque fois les informations qui permettaient de trouver l’indice suivant. Conditions de base : disposer d’un téléphone portable supportant Java, doté d’un appareil photo (et d’une liaison Bluetooth pour le téléchargement initial), puis télécharger le plug-in nécessaire. Au-delà des détails techniques, certains éléments intéressants liés à l’utilisation du système ont été mis en évidence à travers cette initiative : les destinataires du projet, des élèves de sixième et de cinquième, ont confirmé leur grande familiarité avec l’utilisation des téléphones mobiles ; le binôme téléphone portable/jeu interactif s’est avéré stimulant pour faire connaître des sujets d’exposition qui seraient autrement restés confinés au simple hasard de la découverte, ce qui est plutôt habituel dans les musées aussi vastes ; le type de contenus proposés s’est révélé un thème clé. L’équipe du Musée a créé des informations et des témoignages sur mesure sur l’art antique qui, autrement, auraient pu être perçus comme des contenus à sens unique s’ils avaient simplement été expliqués par un guide ou par un enseignant ; les tags nous ont également permis de définir un parcours utilisable sans connexion, une expérience personnalisée pour un public ciblé.

Après le premier lancement dans le Musée des Télécommunications d’Oslo en  décembre 2008 – avec le soutien du laboratoire Cattid de l’Université La Sapienza – nous avons voulu proposer, avec ce second projet de Rome, un outil plus souple, tant d’un point de vue technologique que pour la présentation des contenus. Les contenus de caractère muséographique ont été en effet « packagés » par segment d’usagers, en respectant des critères communs à de nombreux musées italiens : le manque de connectivité et un budget réduit, limité à la simple gestion du quotidien. D’autres modalités d’utilisation pourraient être créées, par exemple des parcours basés sur les intérêts spécifiques des visiteurs ou sur le temps qu’ils ont à disposition pour visiter le musée. Imaginez-vous : être guidé à l’intérieur d’un grand musée par des tags qui contiennent des informations uniquement sur l’art classique et médiéval, ou qui offrent la possibilité de suivre un itinéraire prévoyant uniquement les œuvres les plus importantes, ou encore utiliser les tags ou d’autres marqueurs avec des logiques différentes afin de capter et élargir la base des visiteurs intéressés.

Nicola Palmarini

Les QR codes débarquent en Europe ?

Il y a quelques jours la news suivante a été publiée : Kidrobot, la société qui produit les figurines en plastique dessinées par de fameux designers, a utilisé des QR codes ou tags bidimensionnels pour sa toute dernière campagne promotionnelle, une chasse au trésor appelée “Dunny Hunt”, du nom de la série de jouets, en plein cœur de Manhattan. En photographiant avec un Smartphone les QR codes placés sur des objets cachés en plein New-York, on reçoit sur son téléphone portable un Dunny toy virtuel pour commencer sa propre collection et il est possible de participer à différents concours. Le choix de promouvoir un nouveau produit avec des tags bidimensionnels est lié à leur souplesse d’utilisation ; ils peuvent en effet être placés sur des adhésifs, des t-shirts, des tableaux, des posters… bref pratiquement n’importe où. Au Canada, c’est Vespa qui s’en est servi, en disséminant le centre de Toronto de posters avec des codes afin d’amener les participants à visiter un revendeur grâce à une réduction de 40% sur les vêtements griffés Vespa ou la possibilité de gagner immédiatement une Vespa LX150.

Largement répandue au Japon, la technologie basée sur les QR codes est encore très peu diffusée en Europe, peut-être parce que ses potentialités sont liées à l’utilisation d’un Smartphone, dont l’usage est encore limité.

Le Royaume-Uni joue actuellement un rôle de pionnier en ce qui concerne l’utilisation de tags bidimensionnels. Pepsi, avec l’initiative Max Kicks, a réuni ses usagers sur son site Wap afin d’accéder à une série de services et de gadgets téléchargeables. A Londres, la sortie en DVD du film 28 Weeks later a été médiatisée, entre autres, en plaçant un tag sur le site Web du film et sur des affiches à travers toute la ville, avec pour objectif d’étoffer la communauté de fans du film.